MACRON OU LA POLITIQUE DU VIDE ABSOLU, C'EST MATHÉMATIQUES(fermaton.overblog.com)

Publié le par clovis simard

MACRON OU LA POLITIQUE DU VIDE ABSOLU, C'EST MATHÉMATIQUES(fermaton.overblog.com)

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Shmuel Trigano, professeur de sociologie à l’université Paris X-Nanterre, directeur-fondateur du Collège des études juives de l’Alliance israélite universelle. Auteur de Philosophie de la loi, l’origine de la politique dans la Tora, éd. du Cerf ; La Séparation d’amour, une éthique d’alliance, éd. Arléa.

’alliance entre un Dieu unique mais immatériel et la nébuleuse de tout un peuple est le concept clef de la politique biblique. Elle suppose tout d’abord qu’il y ait consentement des deux partenaires qu’elle réunit. Le Dieu du Sinaï ne peut entrer en alliance avec son peuple sans que celui-ci le veuille. Cela se produisit dans le chapitre VI de l’Exode (2-9) lorsque le peuple hébreu, assombri par l’esclavage égyptien, n’écoute pas la proposition de renouvellement de l’alliance portée par Moïse. « Moïse redit ces paroles aux enfants d’Israël, mais ils ne l’écoutèrent point, l’esprit oppressé par une dure servitude. » C’est quelques chapitres plus loin (de Ex. XIX à Ex. XX) que, au terme d’un vrai processus de négociation, l’assentiment est donné, « Tout ce qu’a dit l’Éternel nous le ferons » (XIX, 8), ainsi qu’au rôle d’intermédiaire technique de Moïse (« que ce soit toi qui nous parles et nous pourrons entendre mais que Dieu ne nous parle point, nous pourrions mourir », Ex. XX 19).

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L’alliance suppose ensuite qu’il y ait responsabilité, car cette alliance comporte une charte qui gouverne le rapport des deux partenaires : la Tora. L’Arche d’alliance qui renferme « le rouleau d’alliance » (sefer habrit) suivra Israël dans toutes ses pérégrinations et sera installée au cœur de Jérusalem, dans le Saint des Saints du Temple.

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Nous avons ici deux caractéristiques fondamentales. L’alliance et l’élection du partenaire de la Divinité qu’est Israël ne sont pas les effets du bon vouloir du Monarque divin mais reposent sur un véritable contrat écrit, régissant le partenariat des alliés. Le Talmud définira plus tard l’homme comme l’associé, Shutaf, partenaire de Dieu, dans l’acte de la création. Nous découvrons ici le principe de la Loi, qui est au cœur de l’alliance. Cette loi concerne la cité mais pas uniquement car, dans son texte même, elle ne se réduit pas uniquement au registre législatif mais comporte aussi une dimension narrative. En termes modernes, nous dirions, à propos de ce texte hors norme, que dans cette Cité, la loi n’est pas réductible à l’État.

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Que cette alliance avec un être immatériel repose sur une loi écrite, donnée à des hommes, entraîne que sa mise en œuvre dépende de leur interprétation. La Loi est donc irrémédiablement ici-bas et pas « dans les cieux » (Dt. 30,12).

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C’est par ce biais que la Cité biblique est aussi gouvernée par l’autonomie : l’hétéronomie concerne les principes de la loi, l’autonomie son application (à travers la jurisprudence). Ceci explique pourquoi cette Loi, qui a institué un peuple et pas une caste, concerne immédiatement la façon d’organiser ce peuple : son interprétation dépend nécessairement d’une négociation sociale, d’une discussion (la fameuse controverse talmudique) entre ses membres, dans laquelle au moins deux options sont en jeu (symbolisées dans le Talmud par les figures de Shammaï et d’Hillel (dont il est dit que leurs opinions contradictoires expriment toutes deux la volonté divine). C’est le sens du verset de la Genèse (XVII, 7), « cette alliance établie entre moi et entre toi et ta postérité dernière » : l’alliance entre Dieu et Israël est en même temps une alliance entre les membres de ce peuple dans sa permanence. C’est ce débat autour du sens de la Loi et de sa portée pour la Cité qui tisse le champ du politique. Il y a là un fait historique : l’histoire politique du judaïsme est en même temps l’histoire des différentes approches de la constitution sinaïtique (pensons à la division politico-idéologique de la société du IIe Temple).

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