MA RELIGION: MOI JE SUIS LA RÉSURRECTION ET LA VIE, C'EST MATHÉMATIQUES(fermaton.overblog.com)

Publié le par clovis simard

MA RELIGION: MOI JE SUIS LA RÉSURRECTION ET LA VIE, C'EST MATHÉMATIQUES(fermaton.overblog.com)

« Moi je suis la résurrection et la vie »

 

« On vous a dit.. Moi je vous dis. » Cette année, pendant la période du Carême, « La Croix» achève la série entamée en 2013, pendant l'Avent, et propose de décrypter la nouveauté des paroles de Jésus. Onzième et dernier volet : la Résurrection

Jésus dit à Marthe: « Moi je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela? » (Jean 11, 25-26)

 

Que s'est-il passé dans la nuit de Pâques ?

Les chrétiens croient à la résurrection de la chair. Leur foi s'appuie sur la résurrection de Jésus, mort sur la croix. Pourtant, nul ne peut dire ce qui s'est passé la nuit de Pâques, trois jours après son ensevelissement. En effet, il n'y a pas à proprement parler de récit de la résurrection de Jésus dans les Évangiles. « Il n'y a pas de témoignages directs de la Résurrection. Dans tout le Nouveau Testament personne n'affirme avoir été témoin de la Résurrection. Nulle part la Résurrection n'est décrite », constate le théologien Hans Küng (1). « Les témoignages pascals du Nouveau Testament ne veulent pas être des témoignages en faveur de la Résurrection, mais des témoignages en faveur du Ressuscité », indique-t-il encore. D'ailleurs, pour parler de ce qui s'est passé à Pâques, le Nouveau Testament emploie diverses formules ou images: « réveil (d'entre les morts) », « résurrection », « élévation »,« glorification », « enlèvement » et « ascension ». Ces différentes expressions cherchent à dire que celui qui était réellement mort est toujours vivant et que ceci résulte d'un acte opéré par Dieu pour Jésus. Pour les chrétiens, la Résurrection relève de la foi – elle ne peut être prouvée historiquement ou scientifiquement. Elle signifie que Dieu a pris fait et cause pour Jésus, qui, en tant que condamné au supplice de la croix, était considéré comme le « maudit de Dieu ». En ressuscitant Jésus d'entre les morts, Dieu authentifie sa vie et sa prédication: celui-là était bien son Fils et tout ce qu'il a promis se réalisera. La cause de Jésus était bien celle de Dieu.

La résurrection de Jésus est-elle singulière ?

En dehors de la résurrection de Jésus, on trouve dans les Écritures plusieurs récits qui relatent le retour de personnes mortes à la vie. Élie invoque Dieu pour qu'il redonne vie au fils d'une veuve indigente de Sarepta qui l'a pourtant accueilli: « Yahvé exauça l'appel d'Élie, l'âme de l'enfant revint en lui et il reprit vie » (1 Rois 17, 22). À Shunem, c'est Élisée qui ramène à la vie un enfant mort, après avoir prié Yahvé (2 Rois 4, 18-37). Enfin, toujours dans le Second Livre des Rois, un homme mort jeté dans la même tombe qu'Élisée « reprit vie et se dressa sur ses pieds » après que son corps eut touché les ossements du prophète (2 Rois 13, 21). À chaque fois, c'est Yahvé, Dieu, qui ressuscite, les prophètes n'étant que des intercesseurs.

Dans les Évangiles, on trouve trois récits de même nature: la résurrection de la fille de Jaïre (Marc 5, 22-43), celle du fils de la veuve de Naïm (Luc 7, 11-17) et celle de Lazare qui fait l'objet d'un long récit dans l'Évangile de Jean au cours duquel Jésus déclare être « la résurrection et la vie » (Jean 11, 1-45). Mais aucun de ceux-ci n'a échappé à la mort définitive. Ils sont tous revenus provisoirement à la vie et sont morts une deuxième fois. Pour la foi chrétienne, la résurrection de Jésus est définitive. Son cadavre n'a pas été simplement réanimé: Jésus a été arraché à la condition mortelle pour entrer dans une autre sorte d'existence, un état de vie radicalement autre, qui reste toutefois mystérieux. À la différence des autres « ressuscités » de l'Écriture, il n'est pas redevenu ce qu'il était avant sa mort. Ceci explique que ses disciples ne le reconnaissent pas d'emblée lorsqu'il leur apparaît.

Quelle est la signification de la résurrection de Jésus ?

La résurrection de Jésus, qui est au centre de la foi chrétienne, donne du crédit à tout ce qu'il a annoncé lors de sa vie publique: la victoire de la vie sur les forces de mort, le pardon des péchés, son lien intime avec celui qu'il appelle son Père… Au niveau le plus fondamental, la résurrection de Jésus est un message d'espérance. « La vie de l'homme et l'histoire de l'humanité ont une fin!, écrit Hans Küng. Or le message de Jésus dit: au terme il y a non pas le néant, mais Dieu. Dieu est la fin, comme il est le commencement. La cause de Dieu l'emporte, dans tous les cas. L'avenir appartient à Dieu. » Cette confiance en l'avenir, les chrétiens sont appelés à en témoigner par leurs divers engagements dans la société présente. En exposant leur vie, s'il le faut, puisqu'ils n'ont plus à redouter la mort corporelle: « Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. » Pour la foi chrétienne, la résurrection de la chair à la fin des temps, dont celle de Jésus est le gage, a donc une portée pour aujourd'hui. « Dans la résurrection de Jésus, une nouvelle possibilité d'être homme a été atteinte, une possibilité qui intéresse tous les hommes et ouvre un avenir, un avenir d'un genre nouveau pour les hommes », écrit Joseph Ratzinger/Benoît XVI dans un de ses volumes sur Jésus (2).

Si Jésus « est » la résurrection, pourquoi est-il troublé devant la mort ?

L'Évangile de Jean rapporte la réaction de Jésus à l'annonce de la mort de son ami Lazare. Ses deux sœurs le font prévenir. Pour autant, il ne se presse pas pour se mettre en route: il demeure encore deux jours à l'endroit où il se trouvait avant de se mettre en route vers le village où demeurait Lazare avec ses deux sœurs Marthe et Marie. De fait, quand il arrive à Béthanie, Lazare est au tombeau depuis quatre jours déjà. Marthe commence par lui reprocher son retard: « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort », avant de lui dire la confiance qu'elle a en lui: « Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. » Et quand Jésus lui annonce que son frère ressuscitera, elle répond avec sa foi juive: « Je sais qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Ce à quoi Jésus répond: « Je suis la résurrection et la vie. » Marie, en pleurs, se jette ensuite à ses pieds. Elle lui fait le même reproche que sa sœur. Jésus est alors « saisi d'émotion », « bouleversé » par ces larmes et demande à être conduit au tombeau dont il fait rouler la pierre. Cet épisode illustre que Jésus n'est pas insensible à la tristesse que provoque la mort. « Il touche l'horreur de la mort, le vide laissé dans les cœurs quand meurt une personne aimée. Jésus aime Marie; il est touché par sa souffrance, il pleure avec elle », explique Jean Vanier (3). Le fondateur de l'Arche voit aussi dans ces larmes la certitude pour le Christ que le miracle qu'il s'apprête à accomplir sera, « pour les autorités juives, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. C'est à cause de ce miracle qu'ils décident que Jésus doit mourir. Alors ici, devant Marie, il est déchiré entre son amour pour elle, son désir de répondre à son appel, et la certitude intérieure que s'il le fait, il sera condamné à mort. (…) Jésus est si profondément humain, sensible et aimant. »

Jésus fait également l'expérience de l'angoisse à l'approche de sa propre mort. Trois évangélistes sur les quatre relatent l'agonie de Jésus dans le domaine du nom Gethsémani, au jardin des Oliviers, peu avant son arrestation (Matthieu 26, 36-46; Marc 14, 32-42; Luc 22, 40-46). Jésus prie et commence à ressentir frayeur et angoisse. Luc parle même de sueur qui prend la forme de « gouttes de sang » (Luc 22, 44). Jésus supplie celui qu'il appelle son Père d'éloigner la coupe que représente sa prochaine mort, avant d'y consentir: « Mon Père, dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite! » (Matthieu 26, 42). L'angoisse que ressent Jésus avant d'affronter sa Passion manifeste qu'il partage en tout et jusqu'au bout la condition humaine. Et s'il la surmonte, ce n'est pas en comptant sur ses propres forces, mais en s'en remettant entre les mains de son Père dans l'amour et la confiance.

(1) Jésus, Seuil, 2014, 21,50 €. (2) Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection, Éditions du Rocher, 2011, 22 €. (3) Entrer dans le mystère de Jésus, une lecture de l'Évangile de Jean, Éditions Bayard, 2005.

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